Heureusement, la succession interminable d’interventions sur les résolutions de Congrès est régulièrement interrompue par une intéressante table ronde. Ce matin, nous en avons eu une sur la crise financière : comment éviter que les travailleurs en paient le prix ? Les interventions les plus marquantes ont été celles de Jack O’Connor, le président du TUC irlandais. Il a donné un témoignage de première main sur les graves conséquences de la crise en Irlande, mais aussi sur les politiques d’assainissement drastiques que les travailleurs irlandais doivent subir, grâce au FMI et à la Commission Européenne. Cette politique d’assainissement n’a fait qu’aggraver les choses.
Comme l’a dit O’Connor dans un style bien irlandais, « the proof of the pudding is in the eating . Hé bien nous, Irlandais, nous en avons goûté. Et le goût en est horrible. Sur ce, il a critiqué vertement la focalisation de la croissance irlandaise sur les exportations. L’Irlande a été le dernier pays à connaître une grande expansion de ses exportations, mais malheureusement sans croissance, plutôt même avec une décroissance. Pourquoi ? Parce que les prestations à l’exportations n’ont pas pu compenser l’affaiblissement de la consommation intérieure, du fait des mesures d’assainissement brutal qui ont fait chuter la confiance des consommateurs. Et on peut observer le même phénomène dans d’autres pays, comme le Portugal et la Grèce.
O’Connor a reçu un soutien total de Frank Bsirkske, le président de Ver.di, le grand syndicat allemand des services publics. En Belgique, on entend souvent que nous devrions prendre exemple sur les syndicats allemands qui, en bonne concertation avec les employeurs , prennent leurs responsabilités en acceptant une politique courageuse qui a permis à l’Allemagne de réaliser un « miracle économique ». Nous n’avons pas entendu grand-chose de ce grand pacte allemand. Il a critiqué aussi fortement que son collègue irlandais un modèle de croissance unilatéral, basé sur le renforcement des exportations, dans le cas de l’Allemagne par une politique de dumping salarial forte et un démantèlement du marché du travail allemand.
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