mardi 10 mai 2011

Mobiliser pour l'Europe sociale

La Confédération européenne des syndicats se prépare à tenir son douzième congrès, à Athènes, du 16 au 19 mai.

La Confédération européenne des syndicats (CES) tient congrès tous les quatre ans. Le prochain se réunit la semaine prochaine, à Athènes, dans un pays touché de plein fouet par une crise financière et dont l’avenir reste sombre. Le thème du congrès, «Mobiliser pour l’Europe sociale», vient à un moment crucial. La gouvernance économique et la crise dans la zone euro seront au cœur des discussions.

Euroscepticisme croissant

Le congrès va d’abord dresser le bilan de la situation: où en sommes-nous après les dernières décisions du Conseil européen de mars? Comment les pays européens ont-ils réagi face à l’obligation d’établir pour le mois d’avril un programme national de réforme? Ensuite, le congrès va examiner le «paquet» de six propositions législatives européennes pour plus de discipline dans les politiques nationales budgétaires et économiques. Enfin, il se penchera sur la nouvelle vague d’euroscepticisme qui touche à présent des pays comme la Finlande, la Suède et l’Allemagne.

Le congrès va aussi se doter d’une nouvelle équipe dirigeante. Bernadette Segol (actuelle secrétaire régionale d’Uni Europa, la fédération syndicale européenne des travailleurs des secteurs des services et de la communication) succèdera à John Monks comme secrétaire général.

Les congressistes devront alors voter un texte fort, le «Manifeste d’Athènes». La coordination des négociations des CCT (conventions collectives de travail) en Europe focalisera sans doute l’essentiel des débats. Ce dossier concerne la discipline des coûts salariaux, dans le cadre de la gouvernance économique. L’exportation du modèle allemand risque d’enclencher une spirale descendante. Plus encore que par le passé, une coordination de la concertation salariale nationale s’impose au mouvement syndical européen.

L’instauration d’un salaire minimum décent dans tous les pays fait aussi partie du dossier. Les syndicats scandinaves et italiens se montrent très réticents. Ils craignent que le salaire minimum serve d’amorce à une diminution des salaires plus élevés. Ils s’interrogent sur la motivation des travailleurs qui percevront ce salaire à se syndiquer. Enfin, ils estiment que le salaire minimum doit se régler au niveau national, sans quoi les pouvoirs publics risquent de s’immiscer dans la concertation entre partenaires sociaux…

Chris Serroyen

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