jeudi 12 mai 2011

Gouvernance économique : rien n'est gagné !

Au mois de mars, la CSC a lancé la campagne «Help Heinrich» pour protester contre la tournure inacceptable prise par le projet européen de renforcement de la coordination des politiques économiques.
La CSC, avec la CES, a toujours soutenu une coordination européenne par le haut pour assurer de bons salaires et de bonnes conditions de travail aux travailleurs,des recettes fiscales suffisantes aux Etats, une sécurité sociale digne de ce nom aux citoyens.
Mais avec les problèmes de certains pays de la zone euro (la Grèce et l’Irlande notamment) sur les marchés financiers, les discours se sont plutôt radicalisés dans
l’autre sens. On parle d’une modération salariale dans toute l’Europe, d’une flexibilisation du marché du travail et de plus d’austérité budgétaire encore, au détriment du financement de la sécurité sociale et des services publics.

Les syndicats marquent des points. Actuellement, le Parlement européen et le Conseil européen (qui rassemble les dirigeants des Etats membres) discutent de six propositions législatives pour arriver à une plus grande coordination des politiques économiques.

On y retrouve les mêmes recettes:
– austérité budgétaire et application de sanctions plus rapidement aux Etats membres qui ne respectent pas les règles budgétaires européennes;
– coordination des salaires, mais à la baisse.
La CSC, avec la CES, a pris contact avec les membres belges du Parlement européen pour défendre la position des syndicats: les salaires ne sont pas de la compétence de l’Europe. De plus, il serait criminel que des règles trop strictes instaurent une austérité perpétuelle, avec le risque de mettre la sécurité sociale et les services publics en péril, et de menacer les investissements publics qui assurent la croissance de demain.
Les syndicats ont aussi demandé une implication active des partenaires sociaux dans le nouveau processus de surveillance. Le Parlement européen a entendu en partie ce
message. Il a adopté un amendement qui exclut les recommandations sur les salaires lorsque la Commission considère qu’un Etat «se comporte mal». Or, c’est sur la base des recommandations que les sanctions sont appliquées.
Continuer à faire pression. Par contre, l’implication des partenaires sociaux européens dans le processus est marginale. Et le Parlement européen a été encore plus strict que la Commission en ce qui concerne la gestion des budgets publics, ce qui est très inquiétant.
Si tout n’est pas positif, loin de là, les quelques avancées montrent que, même dans un Parlement européen majoritairement à droite, il est possible d’influencer les décisions. Une période de «conciliation» a débuté: le Parlement, le Conseil et la Commission vont tenter de s’accorder sur un texte.
Cette période doit se terminer par un vote au Parlement européen lors de la séance plénière des 22 et 23 juin et par la décision finale du Conseil européen le 24 juin. Des amendements utiles peuvent donc encore tomber! Il se peut aussi que le texte soit carrément rejeté lors du vote en séance plénière!
La CSC va donc continuer, avec le soutien de la CES, à faire pression sur les parlementaires et le gouvernement belges.

Bérengère Dupuis

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